Le bonheur au travail par Frédéric Laloux

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Le bonheur est au travail, cours y vite, cours y vite

L’an dernier an, Frédéric Laloux, publiait un ouvrage ultra médiatisé, intitulé Reinventing organizations. Sur son profil linkedin, il a mentionné : expérimente la vie sans étiquette. Ca tombe bien, les entreprises qu’il a visité aussi.

Diplômé de l’INSEAD et l’école de coaching Newfield Network (Boulder, Colorado), devenu coach indépendant, il a entrepris voilà trois ans un tour du monde des entreprises les plus inspirantes de l’époque. Son livre sera bientôt publié en version française.

Société Collaborative, la Gouvernance contributive

 

Il était venu en présenter les conclusions au Festival OUISHARE 2015 devant un public acquis. Dans le petit monde très innovant de l’économie collaborative, son nom est abondamment cité. Ses conclusions sont optimistes et inspirantes. Partout où son enquête l’a mené, Frédéric a croisé des salariés heureux, très loin de rentrer dans les statistiques qu’il cite en préambule: «la plupart des employés n’utilisent qu’1/16eme de leur créativité, passion, énergie, bref de leur potentiel sur leur lieu de travail. Ces chiffres rejoingnent ceux déjà cités par Isaac Getz, professeur de leadership et d’innovation à l’ESCP, père des entreprises libérées: seuls 11% des salariés sont engagés. 28 % sont activement désengagés, tellement malheureux qu’ils s’en prennent à ceux qui sont heureux. Au milieu, 61 % de salariés arrivent au travail et déjà prêts à repartir.

 

Un autre point remarquable chez Frédéric Laloux, c’est qu’il est sympa, belge, bon orateur et qu’il n’y pas va pas par quatre chemins.

« Pour bâtir un monde nouveau, lance-t-il à l’assemblée, ne vous fiez pas à l’ancien modèle. Inventez autre chose ! »

 

Au gré des ces rencontres, il a pu identifier de quoi cet autre chose devrait être fait : On peut parfaitement fonctionner sans hiérarchie. On peut arrêter de porter un masque au travail et s’y épanouir. On peut vivre sans plan stratégique, navigateur de performance et adopter à la place une raison d’être. Conclusion de notre globe trotter : « n’hésitez pas à suivre ces conseils, c’est un voyage agréable mais difficile ».

 

Si vous intéressez au sujet, je ne vais pas vous priver de la lecture de ce livre de chevet de la nouvelle économie. Pour vous en donner un avant-goût, je vais vous en exposer un des cas d’étude, qui a retenu mon attention, parce qu’il prouve que remettre de l’humain dans les rouages peut aussi être la clef du succès des entreprises de demain. Et ça va faire du bien.

Buurtzorg ou le retour à l’essentiel

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En 2007, Jos de Blok, un infirmier, créé Buurtzorg une entreprise de soins à domicile qui en l’espace de 7 ans va révolutionner les soins à domicile aux Pays-Bas. A l’époque le système néerlandais est hyper-centralisé : un call center gère les rendez-vous des infirmières dont les soins sont calibrés, chronométrés, planifiés, distribués de telle sorte qu’aucune relation suivie ne peut s’établir avec les patients. Ce fonctionnement ne satisfait ni les soignants, ni bien sûr leurs patients.

Jos de Blok va le faire voler en éclat. Il remarque que la plupart de ses patients sont dépendants des soins infirmiers tout simplement parce que personne n’a pris 5 minutes pour les écouter, comprendre ce qu’ils sont en capacité de faire ou pas, interroger leurs enfants, voisins, vérifier s’il n’y a pas moyen de tisser un réseau d’entraide de façon à les rendre plus autonomes. C’est ce qu’il se propose de faire avec Buurtzorg.

 

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le mur du travail

Partie de zéro en 2007

L’entreprise emploie aujourd’hui 7500 infirmiers qui travaillent en petites équipes autogérées et interviennent auprès de 60 000 patients qu’ils suivent, écoutent et soulagent visiblement efficacement. Selon une étude de Ernst and Young, les patients de Buurtzorg n’utilisent désormais que 40% des heures prescrites par leurs médecins, les caisses de l’État s’en portent mieux, les hôpitaux aussi.

 

En interne Buurtzorg a un fonctionnement tout aussi révolutionnaire. Le back office n’emploie que 35 personnes et 15 « coach ». L’entreprise n’a pas de chef, de hiérarchie, pas de subordonnés juste une raison d’être -rendre les patients autonomes. Et si une équipe préconise par exemple de faire de la prévention parce qu’elle a obtenu des résultats probants en travaillant avec un ergothérapeute, c’est à elle de mener des actions de formation pour sensibiliser les autres équipes. Libres à elles, ensuite, de s’approprier ou non ce nouvel outil. Jos de Blok a écrit un livre sur son fonctionnement holocratique.

 

Une entreprise qui en l’espace de 7 ans rafle 70% du marché des soins à domicile aux Pays Bas, en partant de 0, pourrait être soupçonnée de mener une politique agressive voire impérialiste à l’égard de ses concurrents. Au contraire, Jos de Blok a fait de sa success-story un livre qu’il leur a adressé, et se déplace volontiers chez eux pour en parler et leur prodiguer ses conseils !

Nadya Charvet

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